Le Pont de TAIZON (79)

Histoire d'un Pont médiéval

A la fin du mois d’Août 1944, les Allemands, en se retirant du nord des Deux-Sèvres, ou les éléments de la Résistance menaçaient de les encercler, firent sauter le pont de Taizon sur lequel la route départementale franchit la rivière le Thouet… Construit en calcaire dur des carrières voisines de Prailles, il avait résisté 500 ans à tous les agents de destruction et pourtant sans grands soins, grâce à sa robuste constitution …

Chanoine Bodet, le 22 Mai 1947.        

UN PEU D'HISTOIRE

Donation de la terre du Pont de Taizon faite à l’aumônerie de Thouars
par Olivier Penet, Chevalier. 1222.

DE PONTE DE TAISUM

OMNIBUS LITTERAS ISTAS INSPECTURIS OLIVERIUS PENET MILES SALUTEM IN DOMINO. NOVERITIS QUOD EGO DEDI DEO ET HELEMOSINARIE DE THOARCIO TERRAM ILLAM DE PONTO DE TAISSUM QUE EST ANTE TERRAM QUAM OBERTUS, DEFUCTUS FRATER EJUSDEM HELEMOSINARIE, DEDIT DICTE HELEMOSINARIE. QUOD DONUM CONCESSIT DICTUS OLIVERIUS MILES PRO REMEDIO ET SALUTE ANIME (SUE) IN PERPETUUM ANNO DOMINI M CC XX II.

Le Pont de Taizon

A tous ceux qui liront cette lettre, Olivier PENET, chevalier adresse son salut dans le Seigneur. Vous saurez que moi j’ai donné à Dieu et à l’aumônerie de Thouars la terre du Pont de Taizon qui est avant la terre qu’Obectus, défunt frère de cette même aumônerie a donné à l’aumônerie susdite.

Et ce don, le dit chevalier Olivier l’a fait pour la défense et le salut de son âme pour l’éternité en l’année 1222 de notre Seigneur.
(sources : archives historiques du Poitou – 1885)

C’est au milieu du XIII ème siècle, en 1255 , que le Pont médiéval de taizon, petit village des Deux-Sèvres, est mentionné pour la première fois dans une correspondance des Bénédictins de Ferrieres, propriétaires du moulin qui jouxte ce dernier, mais il n’est pas téméraire de penser qu’il existait à cet endroit un pont depuis un temps indéterminé.

S’il Permettait ,au haut moyen âge, de relier le centre de Thouars à Doué en Anjou, il fut indéniablement à l’origine du développement du petit village de TAIZON, on remarque en effet que dans de nombreux actes conservés par l’administration des biens de la commanderie de Prailles toute proche, le village n’est jamais appelé Taizon, mais le village du Pont de Taizon.

Ce pont présente les caractéristiques des constructions des ponts au Moyen Âge:

dans sa structure, les voûtes brisées s’appuient sur des piles épaisses, ces piles sont dotées d’avant-becs qui permettent de diminuer la force des courants, et servaient de refuges pour les piétons.

Ce pont résulte de la nécessité de faciliter la circulation des hommes et des marchandises.

Un pont qui relie les hommes, mais un pont qui les touche au coeur, à l’image de Sieur Jacques Thibault et Dame Jeanne Mestreau qui, au XIVème siècle et probablement suite à l’accomplissement d’un voeu, feront édifier une chapelle en son milieu, une chapelle dédiée à Notre Dame de Pitié ou des sept douleurs, gage de protection du voyageur qui emprunte le pont, et dans laquelle de nombreux services seront assuré jusqu’à la révolution ou elle sera malheureusement détruite.

Notons que de récents travaux de nettoyage ont permis de retrouver les fondation de cette chapelle.

Durant près de 700 ans, ce pont aura été le passage incontournable sur la route de Doué, mais si le temps oeuvre doucement, la fureur des hommes sera plus meurtrière et en 1944 les troupes allemandes le dynamiterons, envoyant ainsi en partie par le fond un patrimoine inestimable.

Alors qu’il avait été le lien entre les peuples de la région durant plus de 7 siècles, ce qu’il reste du pont médiéval de Taizon subit désormais les affres de la nature et du temps…

L’histoire du pont accompagne l’histoire du territoire.

Nous considérons que ce pont, partiellement conservé possède des qualités architecturales indéniables et  est bien plus qu’une construction utilitaire. Il affirme la présence humaine dans un décor naturel et doit être considéré comme une œuvre d’art à sauvegarder.

Ce pont qui a engendré un circuit économique à partir du 13 e siècle pourrait, Aujourd’hui renaître sous la forme d’un circuit touristique.